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L’état actuel de la biodiversité

La biodiversité regroupe la diversité des écosystèmes, la diversité des espèces vivantes et la diversité génétique au sein de ces espèces. Cette biodiversité, issue de plus de trois milliards d’années d’évolution du vivant, nous en faisons partie et nous en bénéficions pour respirer, boire de l’eau pure, nous nourrir, nous soigner, etc. Or, elle est aujourd’hui en danger.

Les causes d’érosion de la biodiversité

Explorons maintenant les causes de cette érosion de la biodiversité. L’IPBES a classé en 2019 les cinq principales causes directes de destruction de la biodiversité dans le monde, qui proviennent toutes des activités humaines.

1. La destruction et l’artificialisation des milieux naturels 

On parle d’artificialisation quand un milieu naturel est fortement transformé par l’homme, jusqu’à perdre ses fonctions écologiques (habitat pour la biodiversité, stockage et filtration de l’eau, stockage de carbone, formation de sols fertiles, etc). Artificialiser un milieu, c’est par exemple construire des infrastructures (un centre commercial, des routes, des parkings, des logements, une mine, un barrage, des rails, etc) à la place d’une forêt ou de terres agricoles. Le rythme d’artificialisation des milieux ne cesse d’augmenter, notamment à cause de l’urbanisation : les surfaces urbaines ont plus que doublé depuis 1992.

2. La surexploitation des ressources naturelles et le trafic illégal d’espèces 

La surexploitation signifie que le rythme d’exploitation ne permet pas aux espèces de reconstituer leur population. Cela concerne surtout les activités de pêche industrielle, d’exploitation forestière et les pratiques illégales de chasse, qui mettent en péril des espèces végétales et animales. En Europe, une accumulation de pressions, dont la surpêche, a provoqué un effondrement des populations de l’Anguille européenne de 90 % dans les années 1980. L’espèce est encore aujourd’hui en danger critique d’extinction.

3. Le changement climatique

Tout comme les humains, les espèces animales et végétales subissent déjà les effets du changement climatique. Les sécheresses, incendies, cyclones et autres évènements climatiques extrêmes sont de plus en plus fréquents et intenses. De plus, l’augmentation de la température de l’air et de l’eau rend difficile voire impossible la survie de certains écosystèmes. Par exemple, 99% des récifs coraliens, qui abritent plus d’un quart de la biodiversité marine, sont menacés de disparition avec un réchauffement global de 2°C (nous sommes déjà à 1,2°C de réchauffement en moyenne à l’échelle du globe).

4. Les pollutions diverses

L’eau, l’air et les sols sont affectés par divers types de pollutions, par exemple :

  • les pesticides utilisés dans l’agriculture intensive polluent les sols et les cours d’eau
  • les procédés industriels et la combustion d’énergies fossiles rejettent des gaz nocifs dans l’atmosphère
  • l’extraction minière utilise de nombreux produits chimiques pour extraire les métaux de la croute terrestre. Les résidus de ces produits (plomb, cyanure, arsenic, cadmium) polluent alors l’eau, le sol et l’air.

Ces pollutions constituent une menace pour la survie de la flore et de la faune.

5. Les espèces exotiques envahissantes

De nombreuses activités humaines (notamment les échanges commerciaux et le tourisme) facilitent le transport, l’introduction, et la propagation d’espèces exotiques envahissantes. Ces espèces peuvent alors bouleverser l’équilibre écologique de l’écosystème dans lequel elles sont introduites. C’est le cas de l’écrevisse de Louisiane, introduite en France dans les années 70 pour l’élevage. Agressive, se reproduisant vite, elle prolifère et elle déséquilibre les écosystèmes des cours d’eau.

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