Le gaspillage alimentaire
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Ne pas finir son assiette, jeter les produits non consommés dont la date de péremption a été dépassée, jeter des fruits et légumes car ils ne sont pas “beaux”… autant d’actes de gaspillage alimentaire.
Le gaspillage alimentaire se définit comme « toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire est perdue, jetée, dégradée” ou l’action de jeter à la poubelle un aliment destiné à la consommation humaine.
En effet, le gaspillage alimentaire ne se réduit pas à l’action de ne pas finir son assiette, il est présent à toutes les étapes de la chaîne alimentaire :
- 32% au moment de la production, dans les champs (ADEME): les agriculteurs sont contraints de jeter une partie de leur récolte car elle ne correspond pas aux critères (poids, apparence, etc…) fixés par la grande distribution, c’est le calibrage. Parfois, les agriculteurs sont aussi obligés de jeter leur surplus de production car ils ne trouvent aucun vendeur…
- 21% au moment de la transformation et du transport jusqu’aux magasins (ADEME) : problèmes de conservation, chaîne du froid cassée…
- 14% au moment de la distribution (ADEME): produits abimés dans les magasins à cause de la manipulation, invendus, dates limites de consommation…
- 33% au moment de la consommation, à la maison, à la cantine, au restaurant (ADEME) : restes de repas jetés, mauvaise gestion des stocks et produits périmés.
Le gaspillage alimentaire intervient donc à tous les stades de la chaîne alimentaire générant des quantités de nourriture jetées exorbitantes.
Le saviez-vous ?
Dans le monde, 1/3 des aliments produits est gaspillé, soit 1,3 milliard de tonnes de nourriture comestible qui ne finit pas dans nos assiettes (International Food Waste Coalition).
Chaque année en France, ce sont près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable qui sont gaspillées. Dans les ordures ménagères et assimilées, on trouve l’équivalent de 20 kg/hab./an de déchets alimentaires, dont 7 kg de produits alimentaires encore emballés, soit 1 repas par semaine. (ADEME)
Dans le classement des aliments les plus gaspillés, les légumes arrivent en première position (31%), puis les liquides (jus, lait et autres boissons) (24%) et enfin, les fruits (19%).
Pourquoi est-il important de réduire ?
Afin de comprendre les enjeux du gaspillage alimentaire, il est indispensable de prendre en compte la complexité du système alimentaire et l’ensemble des étapes le constituant, des ressources nécessaires à la production alimentaire à l’énergie nécessaire afin de les acheminer :
1. Conséquences environnementales
Si l’on prend en compte l’énergie qui a été nécessaire afin de produire, transformer, conserver, emballer et acheminer l’ensemble des produits, on peut mesurer les émissions de gaz à effet de serre issues des aliments qui n’ont pas été consommés. Le saviez-vous ? Si le gaspillage alimentaire était un pays, il se placerait en troisième position, en émettant tout juste moins d’émissions que la Chine et les Etats-Unis…!
Lorsque l’on jette de la nourriture, on gaspille aussi les différents moyens et ressources qui ont été utilisés afin de la produire à commencer par les sols agricoles et fertiles qui ont été sollicités et épuisés pour rien !
De l’eau a aussi été nécessaire – et donc gaspillée – pour produire la nourriture.
Le saviez-vous ? L’agriculture consomme 70% de l’eau douce au niveau mondial et il faut 5000 litres d’eau pour produire 1 kilo de riz… !
D’autres matières premières ont aussi été utilisées pour produire les emballages alimentaires comme le pétrole pour le plastique, le sable pour le verre ou encore le bois pour le carton.
Une quantité d’énergie a aussi été nécessaire comme de l’électricité pour chauffer les bâtiments des exploitations agricoles et faire fonctionner les usines de transformation, le carburant pour les machines et camions qui transportent la nourriture ou encore l’énergie des agriculteurs, ouvriers jusqu’à la personne en charge de mettre en rayon les produits dans les supermarchés… toutes ces personnes ont travaillé pour produire et acheminer cette nourriture qui a ensuite été jetée…
2. Conséquences sociales
Le gaspillage est aussi un problème économique et social. En effet, jeter de la nourriture revient à jeter de l’argent : en France, le gaspillage alimentaire représente 12 à 20 milliards d’euros chaque année, l’équivalent de 159€ par personne. Ces chiffres sont d’autant plus incompréhensibles lorsque l’on sait qu’en 2022, 1 Francçais sur 6 est en situation de précarité alimentaire (CREDOC) et 1 Français sur 10 a du mal à manger 3 repas par jour.
Pour ajouter une incohérence supplémentaire au phénomène que représente le gaspillage alimentaire, la catégorie de la population française à avoir le plus recours à l’aide alimentaire sont les agriculteurs… les premiers maillons de notre système alimentaire !
Lutter contre le gaspillage alimentaire doit donc être une priorité. Nous allons voir qu’il existe plein de façons d’agir, aussi bien à l’échelle individuelle que collective.

Agir
A l’échelle individuelle :
- Mieux s’organiser à la maison (liste de courses, prévision des menus, éviter les achats impulsifs, résister aux offres promotionnelles trop alléchantes).
- Savoir différencier les dates de péremption (comprendre la différence entre la date limite de consommation (DLC) pour les denrées très périssables et la date de durabilité minimale (DDM) pour les denrées peu périssables).
- Bien conserver ses aliments et ranger correctement son frigo (manger en priorité les produits qui se rapprochent de la date de péremption, mettre sur l’étage du frigo le plus haut les produits les plus sensibles à la chaleur)
- Être inventif en cuisine pour préparer les restes et utiliser l’ensemble des produits. Par exemple, pourquoi pas créer des chips avec des épluchures ?
- Faire évoluer le contenu de nos assiettes et choisir des aliments à l’impact environnemental plus faible : végétalisation, produits de saison, produits locaux (moins de transports, vitesse de dégradation plus longue car ils ont moins été malmenés lors de leur acheminement)
- Soutenir les circuits courts : plus un produit a voyagé avant d’arriver dans notre assiette, plus les pertes alimentaires sont nombreuses sur son parcours.
- Se renseigner et soutenir des associations qui combattent le gaspillage alimentaire/ changer sa manière de consommer comme TooGoodToGo, Les frigos solidaires, HopHopFood, Nous anti-gaspi, etc.
Dans son établissement :
- Découvrir le fonctionnement de sa cantine et analyser combien de quantités de nourriture sont gaspillées chaque jour, chaque semaine ! Après le diagnostic, place aux solutions pour limiter ce gaspillage (travail sur les menus, sur les quantités servies, sur la sensibilisation des élèves)
- Mettre en place un gaspi-pain ou une table de troc par exemple
- Créer des affiches pour indiquer la proportion de nourriture que l’on souhaite manger selon sa faim
- Afficher l’infographie sur le gaspillage alimentaire dans l’établissement