La règle des 5 R
Comprendre
En France, chaque année, nous produisons 342 millions de tonnes de déchets, dont 39 millions de tonnes pour les ménages (le reste est lié aux activités de construction et aux entreprises). Selon l’ADEME, cela représente 582 kilos par an et par habitant soit le poids d’une petite voiture !
L’ONG Zero Waste s’est intéressée aux différents types de déchets que l’on jette et elle est arrivée au constat que la poubelle des Français est composée en moyenne de :
- 31,7% de matières organiques
- 20,8% de papier et cartons
- 11,9% de verre
- 10,9% de plastique
- 10,9% de textiles
- 9,9% de métaux
- 4% de déchets dits “divers”
Le saviez-vous ?
La quantité de déchets a doublé en 40 ans : nous consommons davantage d’objets, notamment électroniques, et produisons davantage d’emballages. De plus, les produits sont de plus en plus éphémères.
Ces nouvelles habitudes de production et de consommation ont une incidence directe avec l’augmentation du volume de nos poubelles. Ces déchets sont traités et éliminés de différentes manières :
- 32% des déchets sont incinérés
- 26% des déchets sont enfouis dans des décharges
- 26% des déchets sont recyclés
- 16% des déchets sont compostés
Et c’est sans compter la quantité non négligeable de déchets sauvages, c’est-à-dire les déchets jetés dans la nature et qui finissent pour la plupart par s’échouer sur les plages ou flotter dans les océans. Tous les ans c’est l’équivalent de 8 millions de tonnes de plastique qui sont déversées dans les océans (WWF).
Notre production de déchets et leur traitement a un impact non négligeable sur l’environnement :
- La pollution des écosystèmes terrestres et maritimes.
Les déchets sauvages sont responsables de l’intoxication de nombreux animaux car ils les ingèrent en pensant qu’il s’agit de nourriture comestible. Par exemple, les tortues confondent les sacs plastiques avec les méduses. De plus, jetés dans la nature, les déchets peuvent être une menace pour l’environnement dans lequel ils ont été laissés. Par exemple, une bouteille de verre abandonnée dans un endroit sec et en plein soleil peut être à l’origine d’un incendie…
- Une pression sur la demande en matières premières.
La production de chaque objet a demandé des ressources comme du pétrole pour le plastique, du sable pour le verre ou encore de l’eau pour arroser les champs de coton qui sera par la suite utilisé pour concevoir notre jean.
- Une augmentation de l’effet de serre additionnel.
Extraction, production, transport, utilisation, traitement… A chaque étape du cycle de vie de nos objets, une certaine quantité d’énergie fossile (charbon, pétrole ou gaz) a été nécessaire. Qui dit énergie dit nécessairement émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, outre la pression sur les ressources utilisées, nos modèles de production et consommation sont fortement polluants. Le saviez-vous ? Au moins 3% des émissions nationales sont dues à la gestion et au traitement de nos déchets.
- L’enfouissement et l’incinération sont deux modes de traitement qui contribuent à la pollution atmosphérique par leurs rejets toxiques dont :
1. Les lixiviats, qui sont des résidus liquides issus de la fermentation des déchets et de l’eau de pluie sur les sites d’enfouissement. Bien qu’ils soient évacués pour limiter de générer du méthane, ils demeurent une source de pollution des eaux et des sols.
2. Les REFIOM, ou Résidus d’Epuration des Fumées d’Incinération des Ordures Ménagères. Il s’agit des résidus issus de la neutralisation des gaz acides et polluants de l’incinération, ils sont très toxiques.
3. Les mâchefers, les résidus solides issus de l’incinération des déchets. Environ ¼ du tonnage entrant dans les incinérateurs ressort sous forme de mâchefer. Si une partie est utilisée comme sous-couche de nos routes, l’autre est enfouie.
Face à tous ces constats, il devient essentiel d’agir ! La solution la plus efficace est de reconsidérer notre manière de consommer afin de réduire notre production de déchets. Pour rappel, le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas !
Créée par l’autrice et conférencière Béa Johnson et connue comme la règle d’or du zéro déchet, les 5 R sont des principes qui conduisent à repenser notre manière de consommer. Voici leur signification :
1. Refuser,
Dire « non » à ce dont nous n’avons pas besoin, se demander si son achat est réellement utile.
- Il vous est peut-être déjà arrivé de vous demander pourquoi vous aviez acheté cet objet dont vous ne vous êtes jamais servi ? C’est pour cela qu’il est nécessaire d’identifier le besoin auquel répond cet achat. Se poser les questions suivantes peut permettre d’éviter tout achat inutile :
Que va m’apporter cet objet ? Ai-je besoin de cet objet ? N’ai-je pas déjà un objet similaire ou réparable ?
2. Réduire,
C’est n’acheter que les quantités nécessaires à nos besoins pour réduire notre consommation et le gaspillage qui en découle.
- Si j’ai besoin de cet objet, de quoi ai-je besoin exactement ? Si je dois encadrer une photo dans un cadre, j’achèterai seulement un cadre et non 3 même s’il y a une promotion !
3. Réutiliser,
C’est éviter d’acheter du neuf et donc, privilégier les achats d’occasion et penser à réparer ou louer lorsque cela est possible.
- Avant d’acheter neuf, il est intéressant économiquement et pour la planète de regarder s’il n’est pas possible d’acheter d’occasion :
- Ressourceries, friperies, leboncoin, Vinted, Labelemmaus, autant de possibilités d’acheter des objets encore en bon état de marche à des prix cassés !
- De nombreuses grandes surfaces réservent désormais un rayon aux produits qui ont été un peu abîmés et/ou ramenés en magasin et qui ne peuvent plus être vendus au prix d’origine. Cependant, ces objets fonctionnent encore très bien, ils sont donc proposés en promotion.
- Concernant l’achat d’appareils électroniques, renseignez-vous sur les produits reconditionnés : cela réduira significativement l’empreinte carbone de votre achat !
4. Rendre à la terre,
C’est composter les matières organiques, nos épluchures de fruits et légumes par exemple, pour nourrir les sols.
- En plus de diviser le poids de votre poubelle par trois, composter permet de créer un engrais bénéfique pour les sols.
5. Recycler,
C’est la dernière option, si aucune autre n’est possible !
- Le recyclage demande de l’énergie et n’est pas une fin en soi ; le saviez-vous ? Le plastique ne peut être recyclé que 2 à 3 fois, il devient ensuite un déchet qui sera incinéré ou enfoui. Ainsi, recycler retarde seulement la mise en décharge, il est donc important dans un premier temps de prendre soin de ses objets afin d’optimiser leur utilisation et de maximiser leur durée de vie. Lorsque l’objet est devenu inutilisable, renseignez-vous sur la fin de vie la plus respectueuse que vous pouvez lui donner pour éviter qu’il finisse incinéré ou enfoui.
- Pour cela, vous pouvez consulter les fiches relatives à chaque type de déchet disponibles sur la plateforme Cap Eco-délégués.
Mettre en pratique
Pour faire découvrir la règle des 5 R au reste de votre établissement, pourquoi ne pas créer une exposition qui y est dédiée ?
Infographie
Téléchargez et imprimez cette infographie afin de l’affiche dans votre établissement et sensibiliser tout votre établissement aux 5 R !