En 2015, la Fondation GoodPlanet a organisé, avec le concours de l’IFOP, la première conférence de citoyens sur le thème de l’alimentation durable. Un panel de 16 Français, reflétant en partie la diversité de la population, a accepté le défi de s’exprimer sur le sujet : « Alimentation : comment concilier plaisir, santé et climat ?». Leurs attentes et constats adressés aux acteurs de l’alimentation sont compilés dans une charte.

METHODOLOGIE

Les citoyens se sont réunis à trois reprises. Lors des deux premiers week-ends, une vingtaine d’experts ont informé les citoyens sur les principaux enjeux actuels et futurs rencontrés par le système alimentaire (appauvrissement des sols, surpêche, gaspillage alimentaire, etc.) Lors du troisième week-end, un débat public a été organisé afin de permettre aux 16 Français d’échanger avec les acteurs de la chaîne alimentaire.

Cette étude, commanditée par la Fondation GoodPlanet, a été réalisée afin de proposer des clés d’accompagnement et de changement à destination l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire. La charte, issue de cette conférence, propose des solutions ambitieuses pour imaginer, ensemble, le système alimentaire de demain.

LES 10 ENSEIGNEMENTS DE LA CHARTE DES CITOYENS

  1. Les citoyens ont compris que leur choix d’alimentation ont un impact sur le climat, et qu’ils ont le pouvoir de faire évoluer le système vers plus de durabilité : une notion comprenant les aspects environnementaux, de santé, sociaux, économiques, éthiques et moraux. Ils sont notamment prêts si tous les acteurs de la chaîne s’engagent et développent des gammes de produits durables autant qu’accessibles. Autrement, ils ne parviennent pas à respecter cette conviction à cause de l’attrait et la praticité que représente l’offre de produits bas de gamme.
  2. Le panel réclame davantage de clefs pour arbitrer leurs choix de consommation. Cela nécessite de disposer de l’ensemble des informations environnementales, sociales, etc. Sur l’aspect environnemental, ils souhaitent qu’un étiquetage soit systématique, indiquant les émissions de gaz à effet de serre générées par la production du produit, mais aussi le système de production associé.
  3. Les citoyens attendent qu’un véritable chantier culturel soit engagé pour changer les habitudes alimentaires inhérentes à notre gastronomie traditionnelle, mais aussi à notre mode de vie moderne (toujours moins de temps consacré à la cuisine, tradition de la viande comme composante majeure de nos plats principaux, etc.). Ce chantier culturel s’applique également à une diffusion généralisée de l’information sur des aspects jugés comme choquants de notre système alimentaire actuel : la problématique du gaspillage alimentaire ou les impacts de nos systèmes d’élevage moderne sur le bien-être animal par exemple.
  4. Les citoyens ont pris conscience de la disproportion de notre consommation alimentaire en comparaison avec nos besoins nutritionnels réels. Ils ont donc pointé le besoin d’encourager une consommation alimentaire plus sobre.
  5. Les citoyens identifient l’agroécologie comme une solution d’avenir pour adapter notre système agricole actuel, perçu comme à bout de souffle. L’agroécologie doit être généralisée et valorisée, afin notamment de mettre en œuvre des pratiques d’agroforesterie, de promouvoir l’élevage à l’herbe, de diversifier les espèces cultivées et de réintroduire des semences anciennes et résilientes. Les multiples atouts environnementaux de l’agroécologie sont donc promus par les citoyens, sans négliger le levier de création d’emplois qu’elle représente.
  6. Les citoyens ont compris que leur consommation de viande était trop importante en comparaison avec leurs besoins nutritionnels et qu’elle avait des conséquences néfastes sur le climat. Ils sont prêts à réduire cette consommation.
  7. Les citoyens ont dénoncé la pression financière de la grande distribution exercée sur les producteurs, impliquant le développement de modes de production toujours plus intensifs et la baisse de qualité de l’offre alimentaire.
  8. Les citoyens ont proposé que l’on forme les employés de la grande distribution sur les caractéristiques des produits pour offrir plus de transparence au consommateur.
  9. Les citoyens ont compris l’intérêt environnemental de la distribution de produits alimentaires en vrac. Plus encore, il est clair à leur esprit que le vrac n’est pas incompatible avec une information de qualité et transparente sur les produits.
  10. Les citoyens ont été choqués par le gaspillage alimentaire et marqués par la question de la solidarité alimentaire. Ils encouragent la généralisation des pratiques de glanage, du doggy bag, du compostage chez les particuliers, du don alimentaire des grandes enseignes/producteurs quand des produits ne sont pas consommés.

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40 SOLUTIONS POUR DEMAIN

En complément de cette charte, les citoyens et la Fondation GoodPlanet ont identifié 40 solutions ambitieuses pour imaginer, ensemble, un système alimentaire plus respectueux de la nature et des Hommes. Ces propositions à destination des producteurs, industriels, pouvoirs publics ou encore médias doivent permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre générées à toutes les étapes de la chaîne alimentaire.