La Maison de Semences Paysannes Maralpines a pour ambition de créer un système semencier autonome et résilient dans le territoire des Alpes-Maritimes. Ce projet vise à accompagner les paysans dans leur transition agroécologique. Le projet implique l’ensemble des parties prenantes du territoire (consommateurs, agriculteurs, chefs-cuisiniers et chercheurs) dans une approche participative.

Contexte

Au XXème siècle, l’industrialisation de l’agriculture dépossède les paysans des savoirs-faire semenciers. Les centaines de milliers de variétés paysannes sont remplacées peu à peu par une dizaine de variétés standardisées. Le remplacement par les semences modernes entraine une perte des variétés anciennes et l’érosion de la biodiversité cultivée en France.

De nos jours, la transition agroécologique gagne progressivement en reconnaissance, mais son implantation reste difficile face au poids de l’agriculture conventionnelle. Les Alpes-Maritimes disposent de conditions pédo-climatiques très particulières (pression hydrique, pression lumineuse), qui nécessitent des semences adaptées. De plus en plus d’agriculteurs souhaitent aller vers une agriculture biologique ou traditionnelle, mais l’offre de semences paysannes adaptées à ce type de production est insuffisante. Le projet de Maison de Semences Paysannes Maralpines a pour objectif de retrouver une diversité de semences adaptées à ce terroir afin de favoriser la transition agroécologique dans la région.

La Côte d’Azur est aussi reconnue pour son identité culinaire forte, développée à partir de légumes potagers maralpins. Aujourd’hui, on assiste à un appauvrissement voire à une disparition des variétés emblématiques de sa gastronomie. L’approche du projet se veut donc holistique, afin de répondre aux besoins et attentes de l’ensemble des parties prenantes « de la graine à l’assiette » (semenciers, agriculteurs, chefs-cuisiniers, consommateurs).

Objectifs

  • Préserver la biodiversité cultivée avec le développement d’une filière professionnelle de semences localement adaptées basée sur la sélection participative (semenciers, agriculteurs, cuisiniers) et l’amélioration des semences.
  • Valoriser le terroir culinaire en préservant, améliorant et sensibilisant sur les variétés qualitatives du terroir.
  • Promouvoir une transition agroécologique en étudiant les freins et leviers à l’utilisation de semences paysannes afin d’accompagner les paysans vers une transition progressive et en sensibilisant le public (élus, consommateurs) sur les enjeux des semences paysannes et l’importance d’une alimentation cohérente avec les ressources locales.

Impacts

Impacts environnementaux

  • Préservation et augmentation de la biodiversité cultivée
  • Réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires

Impacts sociaux

  • Renforcement de l’autonomie des paysans
  • Renforcement et revalorisation du patrimoine culinaire et agricole
  • Amélioration de la qualité gustative et nutritionnelle des produits agricoles

Résultats attendus

  •  Formation d’un collectif autonome composé d’au moins 2 chercheurs, 30 paysans, 30 citoyens, 10 chefs cuisiniers
  • Identification des freins et leviers à l’utilisation des semences paysannes pour favoriser l’accompagnement des paysans vers une transition progressive
  • Création d’une filière professionnelle, collective et résiliente des semences localement adaptées pour développer des variétés potagères issues de semences paysannes.
  •  Redécouverte par les chefs cuisiniers et les consommateurs des variétés issues du terroir et prise de conscience de leurs intérêts gustatifs, nutritionnels et environnementaux
  • Sensibilisation des consommateurs, des acteurs des circuits de distribution et des élus à l’importance des semences paysannes pour la préservation de la biodiversité et l’autonomie des paysans.

Réalisations

En 2019, les réalisations du projet ont été riches et diversifiées :

  • plus de 30 variétés anciennes ont pu être retrouvées grâce à différentes missions de prospection (Choux de Ligurie, Courgette longue de Nice, Oignon doux rose de Menton…)
  • 22 paysan·nes et jardinier·es sont investi·es dans la multiplication in-situ de 2 variétés chacun et la sélection participative des variétés récoltées
  • 2ème Fête des Semences a rassemblé 70 membres du collectif ou sympathisants dans le célèbre restaurant Mirazur à Menton
  • 12 événements de sensibilisation aux semences paysannes ont été organisés dans les Alpes-Maritimes (Nice, Menton, Antibes et autres villes/villages) et à Paris (Festival MIAM ! de la Fondation GoodPlanet en septembre)

Fiche descriptive du projet

Partenaire opérationnel

    SOL - Alternatives agroécologiques et solidaires