Originaire de Nice et amoureux de la mer Méditerranée depuis son enfance, Greg Lecoeur développe très jeune son intérêt pour la biologie marine et l’exploration. À 32 ans, poussé par la passion et certificat d’instructeur de plongée en poche, il échange son costume de chef d’entreprise pour une combinaison en néoprène afin de réaliser son rêve : une année autour du monde avec son appareil photo. L’aventure commence aux Galápagos qui sera une révélation où il développe son style photographique, puis l’exploration continue dans les différentes mers et océans de la planète…

À son retour, il publie dans la presse française et internationale, et remporte son premier prix :
« Plongeur d’or » au Festival Mondial de l’Image Sous-marine, en 2015. Depuis, Greg Lecoeur dédie tout son temps à sa passion pour le monde marin. Viscéralement engagé pour la préservation des océans, il dédie ses reportages et expéditions à la sensibilisation du public en faveur de la biodiversité sous-marine et à la valorisation du patrimoine naturel.

Photographe Nature de l’Année du National Géographic en 2016 pour son spectaculaire cliché du « Sardine Run », il a été décoré de nombreux autres titres internationaux, jusqu’au récent Underwater photographer of the Year en 2020, pour sa photographie des phoques crabiers en Antarctique.

Requins

La population de requins dans le monde baisse de manière alarmante, en grande partie à cause de la pêche illégale et de la surpêche. Les requins sont pêchés illégalement dans plusieurs pays pour la revente de leurs ailerons sur les marchés asiatiques. Ils sont aussi victimes de captures accidentelles, provoquées par la pêche au chalut de fond. Les requins sont pourtant essentiels à la santé des océans. Situés en haut de la chaîne alimentaire, ils régulent l’écosystème marin en évitant qu’une espèce prolifère au détriment d’une autre.

Cette photo a été prise en Polynésie Française. La pêche aux requins à cet endroit est interdite ce qui a transformé la zone en véritable sanctuaire. Dans le lagon où la photo a été prise, les requins pointe noire se sont habitués à la présence de l’humain. La population locale a appris à vivre en harmonie avec les requins depuis leur récente multiplication. Ils les considèrent comme faisant partie intégrante de leur environnement et ont beaucoup de respect pour eux.

Ma passion pour les requins vient de l’incroyable force de ces animaux, plonger à leur contact est hypnotique tant leur nage est à la fois douce et puissante…Le nombre important d’images réalisées avec l’espèce m’a permis de réaliser un livre sur eux, Requins : guide de l’interaction. Ce sont de grands prédateurs de poissons, et je dis bien de poissons car les requins sont encore trop souvent victimes de leur mauvaise réputation.

La photographie des requins permet, je l’espère, de démystifier leur image pour les rendre graphiques, élégants et gracieux. La couleur de leur peau et leurs yeux expressifs en font des sujets particulièrement photogéniques sur un plan de captation des émotions.

Tortue

J’ai photographié cette tortue verte à Ténérife au lever du jour, ce qui donne une lumière et ambiance particulière à cette photo. Photo prise au fish-eye pour accentuer ses proportions et créer une émotion à travers les détails et éléments aquatiques. Chaque tortue a son propre caractère. Certaines sont farouches et timides, d’autres sont indifférentes à la présence humaine. La tortue de cette photo était probablement habituée aux plongeurs car c’est un lieu très touristique.

On compte 7 espèces de tortues marines dans le monde, et elles sont malheureusement toutes en danger d’extinction. Elles sont victimes des filets de pêche et du braconnage de leurs œufs sur les plages. Il est à mon sens très impressionnant d’être face à ces reptiles qui ont traversé les millénaires. Elles sont superbes par la beauté de leur forme, les détails de leur carapace.

Sardine run

Cette photo a été prise lors de la migration annuelle des sardines en Afrique du Sud. Aussi appelé le sardine run, ce spectacle est selon moi le plus impressionnant du règne animal. Différentes espèces de prédateurs s’associent pour chasser à l’unisson les sardines, première source alimentaire des animaux marins. Autrefois, cette migration de bancs de sardines pouvait être observée de l’espace tant la quantité de poissons était grande. La population locale en Afrique du Sud avait l’habitude de monter au sommet des montagnes d’où ils pouvaient voir l’huile de sardine se diffuser sur la surface de l’océan, créant un courant qu’il suffisait de remonter pour trouver le lieu où se déroulait la chasse.

Aujourd’hui la sardine est un poisson très prisé par l’humain et souffre du réchauffement climatique, ce qui réduit considérablement les stocks en mer. Il est donc également devenu très dur de repérer une chasse dans l’espoir de la photographier. Il faut être très patient pour pouvoir se retrouver sous l’eau au bon moment. Je suis resté des journées entières sur le bateau à tenter de lire le comportement des dauphins et des oiseaux pour qu’ils nous servent de guides. Une fois que la chasse démarre, les dauphins communs vont isoler le groupe de sardines à la surface, ce qui va aussi bénéficier aux oiseaux, notamment les fous du Cap mais aussi les cormorans et d’autres espèces.

Pour moi l’animal le plus fantastique reste le fou du Cap car il va transpercer la surface de l’eau à plus de 100km/h pour aller jusqu’à une vingtaine de mètres de profondeur attraper une sardine. Il est très agile et ne rate quasiment jamais sa proie. Son impact sur la surface de l’eau fait le bruit d’une bombe, et la sardine est attrapée en une fraction de seconde. Aux dauphins et aux oiseaux viennent ensuite s’ajouter les requins, les otaries, les espadons, ou encore les baleines de Bryde.

Pour réaliser cette photo, nous étions à environ 4 mètres du banc. Il est important de garder ses distances sous l’eau bien que ce ne soit pas toujours facile, car les sardines notamment ont tendance à venir s’abriter auprès des plongeurs. C’est aussi primordial de ne pas déranger les actes de prédation, pour les animaux mais aussi pour notre sécurité car le banc est transpercé et englouti par des dizaines d’espèces.

Otarie

Les otaries sont des animaux surprenants par leur maladresse sur terre mais leur grande agilité dans l’eau, tels des acrobates. Les jeunes otaries sont très malignes, espiègles et intriguées par le matériel des plongeurs, surtout les appareils photo ! J’adore littéralement plonger avec elles : il y a toujours de l’interaction. Elles viennent jouer avec nos palmes comme des chiots, et chacune a un caractère bien spécifique.

Cette photo a été prise en mer de Cortez dans le Golfe de Californie. Là-bas les eaux sont tempérées. L’otarie juvénile que j’ai photographiée ici développait une grande agilité et une grande puissance dans l’eau.

Les otaries sont menacées par la pollution plastique en mer et la pêche industrielle. Elles n’hésitent pas à venir attraper le poisson directement dans le filet des pêcheurs ce qui n’est pas sans risque. J’ai vu beaucoup d’otaries avec des lignes ou des filets de pêche autour du cou sous l’eau.

Phoque crabier

La particularité du phoque crabier réside dans sa mâchoire et sa dentition qui ont évolué au fil des années pour filtrer l’eau et retenir les crustacés, comme le fait la baleine. Le phoque crabier, contrairement à son nom, va se nourrir de krill, une petite crevette qui fait partie du zooplancton, et qui se nourrit de phytoplancton.

Cette photo a été prise dans le cadre d’une expédition en Antarctique. Le phoque crabier ne faisait au départ pas parti des espèces que je pensais photographier dans cet endroit car j’étais avant tout allé à la rencontre du phoque léopard, prédateur ultime de l’Antarctique avec l’orque. Ce que j’aime dans la photographie animalière c’est le fait que la nature n’agit jamais comme prévu, chaque voyage est source de surprise. C’est donc par hasard que nous avons rencontré un groupe de phoques qui jouaient à cache-cache dans les galeries d’un iceberg, nous offrant un ballet hors du commun. Bien qu’ils étaient curieux de notre présence, ils restaient méfiants. Les phoques crabiers n’ont pas l’habitude de croiser des humains et restent assez craintifs.

Pour en savoir plus sur le travail de Greg Le Cœur :

Site internet: https://www.greglecoeur.com/fr

Instagram: https://www.instagram.com/greg.lecoeur/

Facebook: https://www.facebook.com/greglecoeurUWPhotography

Dernier livre publié : https://www.greglecoeur.com/fr/book-antarctica

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