La plupart des articles et publications environnementales que l’on peut lire quand on s’intéresse aux enjeux climatiques se basent sur les mêmes travaux, ceux du GIEC (IPCC en anglais).  Mais que se cache-t-il derrière cet acronyme complexe que l’on retrouve fréquemment dans le discours commun ?  Les plus courageux se sont sans doute lancés dans la lecture d’un des longs rapports, avant souvent d’abandonner à la vue de la complexité des termes employés… Alors, qu’est-ce que le GIEC et quel est son rôle ? 

L’année 2021 marque les 31 ans de la parution du 1er rapport du GIEC. Même si pour certains cela peut paraitre ancien, pour d’autres cette date est relativement récente au vu de l’ampleur du sujet.

La Fondation GoodPlanet répond aux questions que vous vous posez sur le GIEC.

Qu'est-ce que le GIEC ?

Le GIEC, c’est le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat. Il s’agit d’une organisation intergouvernementale autonome créée en 1988 dans le cadre du G7 (Allemagne, Canada, USA, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) par deux institutions de l‘ONU : le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement et l’Organisation Météorologique MondialeL’objectif était de créer une organisation officielle chargée d’évaluer “sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui sont nécessaires pour mieux comprendre […] les risques liés au changement climatique.” Cette organisation évalue l’état des connaissances sur l’évolution du climat, ses causes, ses impacts. Le GIEC identifie également les possibilités de limiter l’ampleur du réchauffement et la gravité de ses impacts et de s’adapter aux changements attendus.

Depuis sa création, le GIEC réalise tous les 5 ans à 7 ans, un état des lieux de la situation climatique, sous la forme d’un “rapport de synthèse”. L’objectif est de fournir des connaissances accessibles à tous, et de mettre la science au service du changement climatique 

En plus de ces rapports, que l’on appelle aussi rapports d’évaluation, les scientifiques produisent des rapports “spéciaux” comme par exemple celui sur le changement climatique et les terres émergées publié en 2019, ou encore des rapports “méthodologiques”qui servent notamment à réviser les idées exprimées dans les rapports d’évaluation des années précédentes.  

Dans quel contexte le GIEC a-t-il été créé ?

Une prise de conscience mondiale des enjeux climatiques se fait ressentir dès les années 1970.  Le Club de Rome a participé à cet éveil en évoquant les dangers de la croissance et de l’épuisement des ressources naturellesEn 1972, la Conférence de Stockholm est l’un des premiers évènements a placé la question environnementale au cœur des discussions politiques internationales.  Par la suite, l’ONU créé un Programme des Nations Unies pour l’Environnement, tandis qu’un Programme Mondial de Recherche sur le Climat est initié par l’Organisation Météorologique Mondiale. 

En 1987, le terme “développement durable” obtient une définition officielle lors de la rédaction du rapport Brundtland : il s’agit d’« un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ».  Enfin, en 1988, le GIEC est créé et son premier rapport d’évaluation est publié en 1990

Qui sont les scientifiques qui créent ces rapports ?

Le GIEC fonctionne sur la base d’une assemblée générale qui se réunit une à deux fois par an pour décider des grands axes de recherches et pour valider les différents rapports d’évaluation. Toutes les décisions sont prises par les 195 représentants des gouvernements, par consensus, en réunion plénière. Chaque représentant dispose d’une voix de vote. L’ONERC (observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) est le représentant français lors de ces assemblées.

Le bureau, composé de 36 scientifiques élus lors des réunions plénières, est l’organe exécutif qui oriente les décisions lors des assemblées plénières.

L’expertise des rapports repose sur le travail de plus de 2500 scientifiques des états membres (astronomes, océanographes, biologistes, géologues…). Ces scientifiques sont répartis en 3 groupes de travail en fonction de leur rôle et de leurs compétences. Chaque groupe assure une fonction différente. 

 

À ces trois groupes de travail s’ajoute l’équipe spéciale, qui se charge de développer et d’améliorer un guide méthodologique pour le suivi des émissions de gaz à effet de serre. 

Toutes ces équipes travaillent à la constitution  de ces fameux rapports, source d’informations crédibles pour les décideurs des états membres. Ces rapports alimentent ensuite les négociations entre états lors des conférences des parties, également appelées COP. 

Depuis sa création, quelles sont les évolutions ?

Depuis 1988, nos habitudes ont changé, et le climat aussi ! Les comparaisons entre le premier rapport datant de 1990 et le dernier de 2014, mettent en exergue des évolutions alarmantes. 

L’agriculture illustre bien cette évolution. Le premier rapport évoque l’impact du changement climatique sur la production, notamment dans les pays les plus en difficulté. Le dernier rapport alerte quant à l’insécurité alimentaire mondiale.

Le tableau comparatif ci-dessous nous alerte sur la rapidité des changements climatiques. A l’heure actuelle, les experts sont quasiment unanimes pour dire que l‘activité humaine responsable du réchauffement climatique. A l’époque, il ne s’agissait pas d’erreurs mais simplement du manque de connaissances scientifiques relatives au sujet.

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Comme l’explique les scientifiques, la situation climatique semble plus que jamais alarmante. Néanmoins cette situation n’est pas irrémédiable et le GIEC propose de nombreuses recommandations pour lutter contre le réchauffement climatique.

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