Quand on parle d’écologie entre amis, en famille ou au boulot, la conversation se termine souvent de la même façon : « De toute manière le problème c’est que nous sommes trop nombreux sur cette planète ! ». En 2017, une femme nigérienne donnait naissance à 7 enfants en moyenne contre 2 enfants pour une française. Cette même année, l’AFP publiait un article polémique démontrant qu’avoir un enfant en moins réduirait considérablement notre empreinte carbone. La démographie, notamment dans les pays du sud, serait-elle responsable du réchauffement de notre planète ? FAUX !

Alors, vous en avez marre d’entendre cette phrase mais n’avez pas les arguments clés pour clouer le bec à la personne qui rejette la faute sur les familles trop nombreuses dans les pays en voie de développement ? La Fondation GoodPlanet vous donne 3 arguments pour déconstruire les idées reçues en écologie.

1. 50 pour 10

Le changement climatique est intrinsèquement lié aux inégalités économiques et sociales. Un rapport d’OXFAM paru en 2015 met en exergue le ratio suivant : 50 pour 10. Selon leurs estimations, 50% de la population la plus pauvre, soit 3.5 milliards de personnes, est responsable de seulement 10% des émissions de CO2 mondiales dues à la consommation individuelle. Qui plus est, cette même population vit en grande majorité dans des pays considérés comme les plus vulnérables au changement climatique : sécheresse, canicule, inondations etc.
Le ratio inverse se valide également : Les 10% les plus riches sont responsables de 50% des émissions de GES mondiales. Du coup, à qui la faute ?

2. Un français émet 55 fois plus de CO2 qu’un bangladais

En 2018, un français émettait 11 tonnes de CO2 par an contre 0,12 à 0,24 tonnes de CO2 pour un habitant du Bangladesh. En d’autres termes, le mode de consommation d’un seul français équivaut à la consommation totale d’un groupe de 55 personnes au Bangladesh !

Pour aller plus loin, l’empreinte carbone d’une personne faisant partie des 1% les plus riches pourrait être 175 fois supérieur que celle d’une personne faisant partie des 10% les plus pauvres.

Le problème n’est donc pas la surpopulation mais la manière dont la population consomme les ressources présentes sur son territoire. Se concentrer uniquement sur la démographie c’est prendre le risque d’évincer la responsabilité des entreprises dans le réchauffement climatique. Et pour cause : selon une étude publiée en 2017 par une ONG américaine, 90 entreprises sont à l’origine de 50% de la hausse des températures. Certes certains humains consomment plus que d’autres, mais c’est sans compter l’activité de certaines entreprises !

3. Moins de consommation pour autant voire plus d’enfants !

Nous l’avons compris, les pays où le taux de natalité est le plus bas sont ceux où l’empreinte carbone individuelle est la plus élevée. Mieux gérer et répartir équitablement nos ressources mondiales serait donc bien plus efficace que limiter la démographie. Comme Pierre Rahbi l’a dit « un cinquième de l’humanité consomme les 4/5e des ressources produites. Ce serait très pernicieux d’invoquer la démographie pour dire qu’on ne va pas s’en sortir. »

De nombreux scénarios s’accordent à dire qu’il est possible de nourrir 9 à 10 milliards de personnes tout en réduisant nos impacts environnementaux. L’exemple du gaspillage alimentaire est frappant. Alors qu’1 personne sur 3 souffre de malnutrition dans le monde, 30% de la production française est gaspillée. Cela représente 10 millions de tonnes de nourriture, équivalent à 16 milliards d’euros par an. Ce gaspillage génère une émission de 15,3 millions de tonnes de Co2. Pas de quoi refroidir notre planète…