Cocktail

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Il n’existe pas de solution miracle au changement climatique. Aujourd’hui, aucune technologie ou méthode ne permettra à elle seule de résoudre le problème. Chacune possède ses inconvénients, qui deviennent d’autant plus gênants que la technologie est utilisée à large échelle. Et celles qui seront valables pour un pays ou une région du monde ne le seront pas forcément pour d’autres.

Un éventail de possibilités s’offre néanmoins à nous afin de stabiliser nos émissions de gaz à effet de serre – la cause du problème. Elles portent sur l’efficacité énergétique, la substitution d’énergie, la capture et du stockage du carbone, le nucléaire, les énergies renouvelables, l’organisation de la société, etc. Chacune doit être évaluée en comparaison avec les autres.

Ainsi, l’installation de deux millions d’éoliennes d’une puissance d’un mégawatt permettrait d’éviter environ un milliard de tonne de CO2 d’émission par an, autant que la réduction de moitié de la consommation de deux milliards d’automobiles. Quelle solution favoriser ? C’est une question économique (à quels coûts ? au détriment de quels autres investissements, dans la santé ou l’éducation ?) ; c’est une question sociale (qui veut des éoliennes, qui n’en veut pas dans son paysage ?) ; c’est aussi une question environnementale (quels sont les effets secondaires à grande échelle).

Même en mettant immédiatement en œuvre les solutions disponibles, il est déjà impossible d’éviter un réchauffement climatique conséquent. Il faut donc se préparer à un monde différent– ce que les chercheurs appellent l’adaptation. Pendant longtemps, le sujet était litigieux. Car s’adapter pouvait être considéré comme une forme de défaitisme, une manière de renoncer à combattre le phénomène. Ce n’est plus le cas : le réchauffement a pris de telles proportions qu’il n’y a plus à choisir entre l’une ou l’autre des stratégies. Les deux sont nécessaires. Et le plus tôt les mesures seront prises, plus elles seront faciles à réaliser et moins elles couteront cher.

Photo : Parc éolien offshore de Middelgrunden, au large de Copenhague, Danemark (55°40’ N - 12°38’ E). C’est dans le détroit de l’Øresund qui sépare le Danemark de la Suède, à 2 km à l’est du port de Copenhague, par 3 à 5 m de fond, que s’élève depuis fin 2000 ce parc éolien, l’un des plus grands parcs offshore danois à ce jour. Ses vingt aérogénérateurs, munis d’un rotor de 76 m de diamètre juché à 64 m au-dessus de l’eau, dessinent un arc de 3,4 km. Avec 40 mW de puissance, ce parc produit 89 millions de kWh par an (environ 3 % de la consommation d’électricité de la ville). Dès 2030, le Danemark entend satisfaire 40 % de ses besoins en électricité au moyen de l’énergie du vent (13 % en 2001). Si les énergies renouvelables constituent encore moins de 2 % de l’énergie primaire utilisée dans le monde, leurs avantages écologiques suscitent un intérêt certain. Grâce aux progrès techniques, qui ont considérablement réduit les nuisances sonores des éoliennes, les réticences s’estompent. Et avec 30 % de croissance annuelle en moyenne sur les quatre dernières années, la filière éolienne s’envole. © Yann Arthus Bertrand