

| Livre "A qui profite le développement durable?" de Sylvie Brunel |
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| Mercredi, 28 Mai 2008 15:29 |
Dans son dernier ouvrage, « À qui profite le développement durable ? », Sylvie Brunel accuse les responsables d'ONG et d'associations écologiques (les « grands prédicateurs ») de tenir un « discours de nature religieuse, fortement influencé par la morale évangélique ». Ainsi, le développement durable serait devenu la nouvelle religion des sociétés développées affirme Sylvie Brunel. « Les grands prédicateurs se présentent comme des hommes seuls, entourés de disciples. Leur but est de rester fidèles à un intégrisme vert, aussi sourcilleux qu'intransigeant, en tout cas pour les autres, car les nécessités de leur mission font qu'eux mêmes peuvent s'en abstraire et recourir massivement à l'avion, au tout-terrain, à l'hélicoptère (...) des moyens qui ne vont pas dans le sens de leurs prêches », peut-on lire dans ce pamphlet. Aussi, par le fait de quelques écologistes aux idées courtes ou commerciales, (l'auteur tacle aussi bien Al Gore que Gorbachtchev en passant par Arnold Schwarzenegger, Nicolas Hulot et Yann Arthus-Bertrand, autopromus grands prêtres), Sylvie Brunel regrette que le discours sur le développement durable soit trop souvent catastrophiste, simpliste sur le thème de la croissance, fondé sur des peurs infondées et, finalement, contreproductif. Dans sa charge, l'auteure, professeur de géographie à la Sorbonne, oublie cependant que ces ONG sensibilisent et contribuent à changer les mauvais comportements de nombreux citoyens. De même, quantités d'espèces ont vu leur sort s'améliorer grâce aux actions de ces mêmes ONG, ce que Sylvie Brunel, peu avare en contradictions, reconnaît lorsqu'elle vante le « sauvetage par l'homme (en réalité par le fait d'associations) du guépard ou du cheval de Przewalski ». Au détour d'approximations scientifiques, l'auteure s'égare carrément en évoquant « ceux qui prônent la sagesse des peuples anciens et manifestent sans le savoir des relents d'eugénisme et de fascisme ». Sylvie Brunel perd en crédibilité au fil du livre, en décrivant une vie quotidienne soumise aux diktats du développement durable. À trop vouloir dénoncer, elle oublie de souligner que le dénigrement du débat sur le développement durable sert également de nombreux intérêts de pays et de multinationales. Dénoncer les dérives est certes une bonne idée, mais elle en fait hélas un peu trop. À qui profite le développement durable ? par Sylvie Brunel Éditions Larousse, mai 2008 157 pages Par Antoine Jault |
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