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Quels poissons manger cet hiver? PDF Imprimer Envoyer
( 5 Votes )
Vendredi, 05 Décembre 2008 00:00
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Le programme national Nutrition-Santé 2008 recommande de consommer du poisson deux fois par semaine. Pour continuer à manger du poisson sans contribuer à vider les océans, mieux vaut savoir quelles espèces privilégier devant l’étal du poissonnier...
par Julien Dezecot


Manger du poisson, oui ! Mais comment savoir quel poisson acheter sans nuire à la vie marine et contribuer à l'épuisement de la ressource ? Il convient de respecter quelques règles d'achat essentielles si l’on ne souhaite pas contribuer au pillage des océans ! Si au même titre que la viande, le poisson est très riche en éléments nutritifs protéinés, comme en minéraux (le sélénium, l'iode et le fluor), sa production est le plus souvent saisonnière.


stock_poisson
 
Les bons gestes

Pour commencer, variez les plaisirs culinaires ! Manger varié, c'est le conseil des Nations unies pour lutter contre l'épuisement des fonds marins. Surtout que seul un quart des espèces marines sont exploitées durablement ! Et une espèce de poisson sur trois est menacée par la surpêche !

Certaines espèces sont donc à privilégier, à acheter modérément, ou à éviter, selon leur disponibilité et leurs conditions de pêche ou d'élevage. Par exemple, la consommation de thon rouge, de sole, de requin et de cabillaud est à limiter fortement, voire à proscrire. En revanche, le maquereau, le colin, le lieu noir, le hareng ou encore la sardine, sont pour l’instant en stocks suffisants dans les océans.
Limitez également la consommation des poissons de grands fonds (grenadier, sabre, empereur, lingue, julienne…) qui ont eu leur heure de gloire sur l’étal. Se reproduisant lentement, leur stock se renouvelle difficilement.

Les grands prédateurs (lotte, flétan, perche, saumon sauvage, raie…), situés en bout de chaîne alimentaire et contaminés par l’ensemble des toxiques, en particulier les métaux lourds, sont à consommer avec modération. L'Agence française de sécurité des aliments recommande d'ailleurs aux femmes enceintes et aux jeunes enfants de limiter leur consommation d'espadon, de siki et de marlin à quelques dizaines de grammes par semaine pour cette raison.

Par contre, l'hiver privilégiez les poissons gras tels que le maquereau, le saumon d’élevage et le hareng, apportent en plus des acides gras « oméga 3 » (qui permettent de lutter contre les maladies cardio-vasculaires) une importante source de vitamine D.

Manger local et de saison

Reste ensuite à choisir son poisson parmi ceux présents sur l'étalage. Sur les conseils de votre poissonnier, privilégiez la pêche locale la plus fraîche possible. Un poisson tout juste sorti de l'eau possèdera l'œil brillant et bombé, les ouïes rouges ou rosées, un corps ferme et brillant...

Les poissons possèdent aussi des périodes de reproduction différentes en fonction des espèces. Respecter ces périodes permet une meilleure gestion des ressources. Ainsi, cet hiver, vous pouvez opter pour le bar de ligne, le congre, le grondin rouge ou des coquilles Saint Jacques, mais délaissez la langoustine, la limande et la sardine !

Pour s’y retrouver dans toutes ces dates au moment de l’achat deux solutions s’offrent à vous : les connaître par cœur semble difficile mais avoir sur soi un petit tableau récapitulatif comme celui réalisé par GoodPlanet  le WWF ou encore Greenpeace demeure la meilleure solution avant de demander conseil au poissonnier en cas d’oubli ! Dernière option si vous osez : demander à votre poissonnier d’afficher cette liste !
 
 
 
Repérer les indices sur l’étiquette

 
quel_poisson_manger
Autre point important, bien regarder l'étiquette de vente du poisson. Depuis le 1er janvier 2002, une nouvelle réglementation est entrée en vigueur. En tant que consommateur, vous devez désormais disposer d'informations précises sur les produits de la pêche ou de l'aquaculture vendus au détail : en poissonnerie, en grandes et moyennes surfaces ou sur les marchés. Cette obligation d'information concerne les produits qu'ils soient issus de l'Union européenne ou importés. Outre la dénomination commerciale du produit, l'étiquette mentionne aujourd'hui son mode de production – pêché ou élevé - et sa zone de capture. Ce point est essentiel car un poisson pêché sur les côtes européennes a plus de chance de provenir de stocks gérés durablement. Mais ce n'est pas toujours le cas (par exemple la sole de Mer du Nord, le cabillaud de la Baltique ou le thon rouge de Méditerrannée), malgrés les quotas, la plupart des espèces continuent à être pêchées en excès.

Le transport du poisson nécessite par ailleurs du carburant... Or, un Français consomme en moyenne 34 Kg de produits de la mer par an (moins de 10 Kg pour un habitant de l'Afrique subsaharienne), et 85% de la consommation française en produits de la mer est issue de l'importation ! Selon la FAO (Organisation l'alimentation et l'agriculture des Nations Unies): « L'utilisation durable des ressources halieutiques dépend de la mise en place de systèmes de gestion limitant la pêche en fonction de la capacité maximale de la nature à recréer ou à reconstituer la ressource ». Autrement dit, une régulation de la pêche mondiale est essentielle pour maintenir les stocks de poissons dans les océans. Depuis le premier "Code de conduite pour une pêche responsable", initié en 1995 par la FAO, diverses démarches tentent de protéger les fonds marins, comme le système européen des quotas visant à limiter la pêche en quantité selon les espèces.

Des labels de gestion durable

Aujourd'hui, il est essentiel que vous soyez vigilant sur le mode de gestion des produits grâce à l'étiquetage et aux labels. Les produits de la pêche et de l'aquaculture peuvent bénéficier de différents signes en fonction de leur qualité, de leur origine ou encore de leur mode de production (Scapêche, Ecofish, Fair fish, Label bleu – le projet d'écolabel français...). Plusieurs structures suivent d'ailleurs une démarche qualité. En France, les grandes enseignes sortent des signes de qualité (Carrefour, Auchan) qui garantissent une pêche responsable avec, notamment, la cessation de la commercialisation du thon rouge, menacé de disparition. Il en va de même pour le bar sauvage durant sa période de reproduction.

Le MSC - Marine Stewartship Council - organisme international indépendant et cautionné par le WWF, a mis en place un processus de certification pour une pêche durable. De plus en plus de produits sont labellisés « MSC » (Iglo, Findus, Monoprix, Carrefour, Casino…). Retrouvez les listes d'espèces à privilégier, modérer ou à éviter sur www.pourunepechedurable.fr.
 
 
 
 
marinestewardshipcouncilLa pêche en chiffres
Les scientifiques tirent la sonnette d'alarme depuis plusieurs années.
Le 3 novembre 2006, coup de tonnerre dans les média, Boris Worm, biologiste de l’université Dalhousie (Canada), lance un pavé dans la mare en parlant : « d’effondrement global d’ici le milieu du siècle de tous les taux de poissons pêchés ».

Même si cette prévision paraît fortement alarmiste, force est de constater que la mer se vide ! En cinquante ans, la pêche a plus que quadruplée dans le monde : d'un peu moins de 20 millions de tonnes, elle est passée à près de 95 millions de tonnes par an en 2007.
L’aquaculture ou élevage de poisson, représente désormais 60 millions de tonnes par an.

Sur internet :

Connaître les données mondiales sur la pêche, les quotas, les zones de production ? Le site de la FAO (Organisation l'alimentation et l'agriculture des Nations Unies).
www.fao.org/fishery

Liste des poissons menacés par zone de pêche.
www.greenpeace.fr

Télécharger le guide des espèces à l'usage des professionnels sur le site de Seefood choices alliance.
www.seafoodchoices.com
 
 
Commentaires (3)
PCB ?
3 Vendredi, 19 Juin 2009 14:58
magilles
Il faut aussi éviter les poissons provenant des eaux polluées par les PCB : Certains fleuves et la méditerranée.
Manger du poisson
2 Jeudi, 07 Mai 2009 14:52
Arthur
Hervé,

Vous avez raison. Ce type d'injonction n'est plus d'actualité. Mais reconnaissez que nous aurons du mal à convertir tout le monde au végétarisme, à commencer par les Inuits qui sont carnivores par nécessité. Quelques sardines de temps en temps ou des moules ne font pas de mal.
Pouquoi manger du poisson ?
1 Mardi, 05 Mai 2009 12:14
Hervé André
J'ai fait le choix de ne plus manger de poissons (ni de viande évidemment) depuis plus de cinq ans, je suis en parfaite santé et en excellente forme physique.
La consommation de poisson n'est pas obligatoire... Je bondis en lisant ce "Manger du poisson, oui !" posé comme un fondement inébranlable en premiers mots de cet article.

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