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L’impact écologique des greentechs
Aujourd’hui a eu lieu sur l’excellente webtv collaborative TechToc TV un tournage ayant pour sujet les greentechs et leurs impacts sur l’écologie.
L’objectif de ce plateau est d’essayer de faire un point sur le caractère réellement écologique des nouvelles technologies qui fleurissent tous les jours et divisent un peu plus la population entre les « greentech à tout prix » et les sceptiques.
Voici l’avant propos :
Les 19ième et 20ième ont vu naître trois grandes révolutions :
• Agricole : avec l’apparition du machinisme agricole, des engrais artificiels et de l’augmentation constante de la production agricole.
• Démographique : avec une augmentation quasi exponentielle de la population mondiale depuis 1800. Passage notamment de 2,5 Mds en 1950 à 6,8 Mds d’individus aujourd’hui.
• Industrielle : avec sa grappe d’innovations (Schumpeter), ses nouvelles méthodes de production (taylorisme, fordisme…) et ses impacts sociaux.
Toutes ces évolutions sont autant de faits qui ont conduit à l’apparition d’une économie mondialisée avec son cortège d’échanges commerciaux et sa forte propension à inciter à la consommation.
Seulement voilà, notre bonne vieille planète bleue n’a que faire de toutes ses évolutions et tente même tous les jours de nous rappeler avec insistance que ses ressources ne sont pas inépuisables et son équilibre fragile. Ce n’est pourtant que depuis ces trente dernières années que le concept de développement durable s’est progressivement construit.
Aujourd’hui, ce concept est bien établi et laisse fleurir tout un tas de néologismes (greentech, biotech, électron vert, bois énergie, empreinte écologique, bilan carbone…) et de nouvelles technologies dites vertes ou durables.
Il est peut-être temps d’essayer de faire un point sur le caractère réellement écologique de ces nouvelles technologies qui fleurissent tous les jours et divisent un peu plus la population entre les « greentech à tout prix » et les sceptiques.
Buzz, Green, Web2.0 les mots interdits en 2010
Green, 2.0, buzz, blogueurs influents voilà bien des termes qui commencent à se faire vieux, et je pense qu’il est temps de les renouveler.
Nombreux sont les moments où j’ai pu entendre sortir de la bouche de certains ce genre de termes. Ça me rappelle l’époque où on entendait partout « multimédia ». Les génies du marketing savaient nous en faire avaler à toutes les sauces, dont voici quelques exemples :
- ordinateur multimédia : pc vendu avec un simple lecteur de cd-rom
- kit multimédia : une paire d’enceintes
- écran multimédia : moniteur équipé d’une sortie son intégré
- souris multimédia : souris équipé de plus de deux boutons
Et j’en passe et des meilleurs. Aujourd’hui, c’est autour de ces quelques termes du monde de l’Internet, cité plus haut, que les médias, les connaisseurs et les « wannabe a technophile », nous assènent à longueur de journée. A en croire certains, aujourd’hui un ordinateur est green parce qu’il intègre une fonction arrêt automatique du disque dur (fonctionnalité proposée pour la première fois par IBM dans le milieu des années 90). Le temps passe mais les mauvaises habitudes perdurent malheureusement. Il est facile de dénigrer me direz-vous? Et bien, je propose quelques alternatives, ou de simples mise au point, sur ces termes que tout le monde utilise à tord et à travers.
Green/Vert : La nature n’est pas Green, elle est trop riche pour être réduite à une seul couleur. D’ailleurs, un ordinateur n’est pas par nature Green, puisque sa fabrication rejette dans l’atmosphère près d’une tonne de CO2 (elle se fait le plus souvent, si ce n’est systématiquement, en Chine où la principale source d’énergie est le charbon). Et quand bien même sa fabrication se ferait sans certains produits toxiques, elle produit toujours des effets négatifs sur l’environnement (si l’on considère son cycle de vie complet).
Pour revenir aux substances que contiennent nos précieuses machines : arsenic, mercure, PBB et PBDE (pour les retardateurs de flamme bromé), chromium (dangereux pour l’ADN), béryllium (cancérigène : poumon et peau), etc.). Plutôt sympathique comme mixture.
Je propose à la place d’informatique green, l’informatique consciente.
Je m’explique : sans entrer dans un débat philosophique, si j’ai conscience que mes activités personnelles et professionnelles ont un impact négatif sur l’environnement et l’être humain, tout comme mes choix technologiques, alors je me dois de tout faire pour changer cela, dans la mesure de ce qui m’est permis de faire. Donc il s’agit ici de favoriser et de valoriser des actions (les miennes ou celles des autres acteurs de l’industrie) qui tendent vers un mieux (d’un point de vue environnemental et social) et qui ne constituent finalement, qu’une étape vers un monde totalement conscient.
2.0 : Aujourd’hui et depuis quelques années déjà, nous sommes dans le web2.0. Cependant, je tiens à rappeler ce qu’englobe ce terme. Il s’agit de présenter l’évolution des pratiques du web, comme on présenterait la nouvelle version d’un logiciel informatique. Donc, en 2.0, le web se veut social. On échange, on enrichit, on fabule, on critique,…Finalement tout ce que nous faisions avec l’Internet dans les années 90. Sauf, qu’à présent, c’est plus simple. En outre, l’utilisation du web sort du monde des informaticiens pour se banaliser.
L’étape suivante, qui pointe le bout de son nez : le web² (prononcez web squared). Il s’agit ici du web qui sort de l’écran de l’ordinateur ou du PDA et qui, comme un fleuve qui viendrai se jeter dans la mer (no comment, merci), inonde notre vie réelle via des objets de la vie courante (réfrigérateur, téléviseur, micro-onde, système d’éclairage, pass-navigo, jouet pour enfants, etc…). Ici le monde du web, rejoint celui de la domotique, qui connait lui aussi une révolution et que nous nommons l’Internet des objets (paramétrés, j’expliquerai dans un prochain billet pourquoi j’utilise cet adjectif).
Blogueurs influents : cette expression est insupportable car elle est, pour moi, assimilable à People, Star, et autre terme creux inventé par le clan de la « Glam Bling Bling Now Generation de la Night ». Je préfère plutôt parler de personne ou groupe de personnes influent(es) du web. Cette expression sonne moins plastique et éphémère.
Buzz : ce terme est à présent usé. D’ailleurs, à force de l’utiliser, pour tout et pour rien, il est tombé dans la catégorie citée plus haut. En outre, il n’est pas assez précis pour pouvoir être utile dans la pratique. Un buzz est un évènement médiatique, destiné à faire du bruit. A cela s’ajoute le fait que le Buzz reste enfermé dans le « Online ». L’objectif n’est pas d’influencer durablement mais plutôt de provoquer un pic d’audience. On pourrait dire qu’un Buzz est un évènement aussi pérenne et localisé que la neige au sommet du Kilimandjaro au printemps (encore une blague d’écolo)…Blague à part et pour paraphraser Vincent Ducrey, le Buzz c’est le bruit soudain. Et pour ce qui est des pratiques destinées à faire changer les usages ou les mentalités? Utilisez l’Influence. Pour provoquer le changement, il est nécessaire d’agir par une action (brutale ou diffuse) qui sera ensuite, réajustée suivants les retours que l’on pourrait avoir de la part de la ou des communauté(s) visée(s). Il s’agit ici d’échanger avec les communautés, de tisser des liens forts, d’écouter, de proposer. L’Influence peut être « Online » ou « Offline » ou les deux: comprenez qu’elle arrive à nous via l’Internet tel que nous le connaissons actuellement, mais peut concerner les autres médias (TV, presse écrite, etc…). Après réflexion, on peut dire que l’Influence, c’est un peu « du marketing traditionnel mis à la sauce web2 et multicanal ».
Si nous faisons le point sur ce billet, nous avons deux alternatives (à Green et Blogueur Influent) et deux mises au points (sur Web2.0 et Buzz). Moi qui était parti pour ne proposer que de nouvelles expressions, c’est pas terrible. D’autant que finalement, Buzz, Green et Web2.0 ont toujours leur place. Un blogueur influent peut être une personne facilement identifiable ou un simple avatar genre « NinjaCommando95″ : difficile donc de parler de personnes dans ce cas. Et si finalement tout cela n’était que de la masturbation cérébrale 2.0 destinée à faire un buzz dans le but de conquérir le monde et de devenir un jour moi aussi un blogueur influant spécialiste en GreenIT ?
Article initialement publié sur http://serenityreport.wordpress.com
Quand le Green Washing tue
En parcourant GreenIT.fr, je suis tombé sur un article traitant de boitier d’ordinateur en carton. L’idée est la suivante : face à l’amenuisement des ressources naturelles (fer, pétrole, cuivre, etc…) et à la production toujours plus grandissante des ordinateurs personnels (rien qu’en 2009, 306 millions d’ordinateurs ont été vendu dans le monde (Gartner), et il est facile de prévoir que ce chiffre sera en hausse pour les années qui suivent, quand on sait ce que nous réserve l’avenir (robotique, cloud computing, internet des objets, la généralisation des systèmes de surveillance etc…), pourquoi ne pas envisager que la coque de nos ordinateurs personnels soit en carton recyclé? Au rang des arguments : on préserve des forêts, on diminue le poids des marchandises et donc les émanations de GES (Gaz à Effet de Serre), on peut imaginer des formes plus ou moins sympa enfin bref on peut y trouver tout plein d’atouts.
Certains, je dirai même beaucoup car ils sont nombreux, n’y trouvent aucun intérêt, voir même un risque pour les utilisateurs en raison de la dissipation de la chaleur qui est plutôt nul avec ce matériau. En outre, l’augmentation de chaleur prolongée, provoque l’usure prématuré des composants de l’ordinateur (carte mère, disque dur, RAM, carte graphique, sonore…). Et je ne parle pas, du (ou des) ventilateur(s) fonctionnant à plein régime, tentant vainement de faire baisser la température, ni de l’accumulation de poussière. Bref ce boitier à tout pour plaire.
Les arguments en sa défaveur sont évidents même pour un non informaticien.
Cela me fait penser au laptop d’Acer en bambou : c’est l’illustration pure et simple d’un bon green washing ou comment surfer sur la vague du Développement Durable avec une idée en carton ou en bambou au choix, et se faire un maximum de blé ogm.
Mais contrairement au PC en bambou d’Acer qui n’est destiné qu’à l’ignorant se croyant plus « Green » que les autres et qui veut faire son intéressant en ayant un produit cool, utiliser une coque en carton pour son PC est dangereux car les cartes mères sont inflammables. Outre le risque pour le matériel, il y en a un réel pour l’usager et les habitants d’un même foyer. En effet, ce genre d’installation peut tout à fait provoquer un incendie (on imagine très bien toutes les conséquences que cela peut avoir).
Si les concepteurs de ReCompute étaient sérieux et soucieux de leurs clients (ou tout simplement des personnes), il ne vendraient pas ce genre de produit. Ils ne valent guère mieux que les autres, ceux qui s’amusent à construire des centrales nucléaire en zone sismique.
En outre, cela est symptomatique de ce qui se fait souvent en matière de GreenIT chez les constructeurs. On fait croire au gens qu’en achetant un ordinateur plus respectueux de l’environnement (le dernier macbook pro par ex.) et en bazardant son ancienne machine qui a 3 ans à la poubelle ou à recycler, on fait un geste concret en faveur de la planète. Dans un tel cas, on a totalement faut, puisque la fabrication d’un ordinateur émet 24 fois plus de GES que son utilisation pendant 1 an. Il faut arrêter de croire qu’on peut agir pour la planète en conservant les mêmes mauvaises habitudes de consommation
Plutôt que de se fier à de fausses bonnes annonces, de se ruer vers le dernier gadget ou produit Green, le mieux que l’on puisse faire en faveur de la planète et à fortiori de nous, est de cultiver notre esprit critique vis à vis de ce que l’on nous propose et de garder en tête que tout jeter (même si c’est pour le recyclage) pour acheter du « propre » n’est pas une solution.
Une des pistes intéressantes est d’opter pour l’achat de produits reconditionnés. Lorsque nous avions besoin d’un serveur supplémentaire, chez Altitude (la société qui gère les photos de Yann), notre choix s’était porté vers un serveur lame reconditionné vendu sur le site d’Apple. Nous bénéficiions ainsi d’un serveur professionnel fiable, certifié par Apple comme étant comme neuf, avec une garanti et un support technique inclus, l’ensemble pour un prix bien moindre que celui d’origine (et dieu sait que ce qui est Apple est cher).
Dans le même genre, c’est à dire le reconditionnement (et non le recyclage)ou ce que l’on appel « la seconde vie du matériel informatique », une société (dont j’ai oublié le nom), achète des machines à des entreprises qui souhaitent s’en séparer pour un prix modeste (voir gratuitement), sur lesquelles, elle y installent une distribution linux (Ubuntu). Ces machines sont ce que j’appelle des workstations corporate (je ne sais pas si l’expression est juste), ce qui veut dire qu’elles restent fiables car bien conçu à la base (choix des cartes mères et des différentes pièces qui la compose). Ainsi, une machine qui a 4 ans, peut tout à fait servir pour faire ce que fait la très grande majorité des gens : bureautique, gestion de photo de famille et surf.
Ainsi, non seulement vous avez une machine qui tient la route (hardware), qui est par nature immunisée par la très grande majorité des virus (software), qui est équipée d’un système ultra stable et très simple d’utilisation, mais en plus vous faites un geste significatif pour la planète et ses habitants (impact environnemental et social quasi nul (je ne parle pas des très faibles émissions de GES)) enfin cette machine robuste et véloce ne vous coutera qu’aux alentour des 300€TTC.
Cerise sur le gâteau, en faisant une recherche google « reconditionnement pc » on y trouve un tas de société, qui se propose de vendre au rabais, des machines reconditionnées (cela peut est valable aussi pour les écrans).
Donc, vous saurez dorénavant que la chose la plus importante que vous devez acquérir/entretenir pour œuvrer en faveur d’un monde plus juste c’est votre esprit critique face à toutes les bêtises que l’on peut vous proposer (parfois en toute bonne foie….)
Initialement publié sur Serenity Report







