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Génération Pub 2009 : créatifs, au boulot !
L’association « Génération Pub » organise un concours de création publicitaire, qui a pour but de donner la parole aux créatifs en leur proposant de mettre leur talent à profit d’une grande cause. Etudiants ou professionnels, chacun peut faire une proposition. Thème de cette édition : « LA DIVERSITE DES ETRES VIVANTS EST VITALE POUR NOUS ET NOTRE PLANETE« . Du lourd !
Pour mémoire et pour le plaisir, voici les créas qui ont remporté le concours précédents, sur le thème du commerce équitable (2008) et du gasillage de l’eau (2007) : Lire la suite de cette entrée »
L’illusion du consensus
Hier mardi, Pavan Sukhdev présentait à l’EHESS son rapport. Celui-ci, pour ceux à qui cela a échappé, est une sorte de rapport Stern sur la biodiversité : une tentative d’estimer combien coûte la destruction de la nature. Les chiffres qu’il met en avant sont faramineux : plus d’un million de milliards d’euros de capital naturel perdu par an, l’équivalent de 7 points de PNB pour 2050, etc. Et ce n’est pas n’importe qui qui le dit : Sukhdev est un grand economiste de la Deutsche Bank, il a mobilisé des centaines d’experts internationaux, et le rapport a été commandé par l’Europe…
Toutefois, ce n’était pas là le plus intéressant de la conférence, car le texte (‘The Economics of Ecosystems & Biodiversity, TEEB) est public, téléchargeable, et a déjà été largement commenté dans la presse.
Ce qui m’a le plus intéressé est l’intervention de Laurent Mermet, de l’EHESS, qui a suivi celle de Pavan Sukhdev.
Mermet a discuté l’hypothèse sous-jacente du rapport. En raccourci : une (bonne) analyse économique du coût de la destruction de la nature pourrait convaincre les décideurs économiques ou politiques de faire les (bons) choix : ne pas détruire la nature. Ou du moins pourrait les aider à essayer de ne pas le faire.
On se croirait au temps des Lumières : il suffirait d’éclairer le peuple (des banquiers et des décideurs) pour qu’ils prennent le bon chemin.
Mermet est sceptique.
Tout d’abord parce que ce n’est pas l’information qui manque, et cela n’a encore rien changé. Le rapport Sukhdev n’est pas le premier sur la crise écologique. Malgré tous les textes précédents, la situation continue de s’aggraver.
Ensuite, parce l’idée qu’il faudrait une « boussole » pour orienter le bateau -pour reprendre les images de Sukhdev- et que celle-ci pourrait nous aider à faire les bons choix suppose qu’il y a un consensus possible, qu’on peut effectivement être tous d’accord (ce que Mermet appelle hatrologie).
Mais peut-être n’est-ce pas un problème de boussole. Peut être que l’équipage (ceux qui dirigent) n’ont pas envie d’aller dans la même direction que les passagers du paquebot ? Peut-être que le paquebot est trop gros pour passer par où il est prévu de le faire (cf. rapport Meadows), …
Mermet oppose ici une conception »schizologique » de la société et du débat : Non, on ne sera pas tous d’accord. Il y a des groupes qui ont des intérêts différents, et qui ne seront pas d’accord. Auquel cas, il fait se placer sur le terrain politique, dans les rapports de force.
Au final, ca tombe sous le sens, mais ce fut une remise à plat bienvenue (et particulièrement brillante à mon avis) en ces temps d’unanimisme écolo mou et moralisateur.


