« Le monde est la maison de ceux qui n’en ont pas »
Alors que sort le 5 juin le film Home de Yann Arthus-Bertrand, je tenais à faire figurer sur ce blog cette phrase en titre afin qu’elle nourrisse la réflexion de ceux qui iront voir Home. Car à plusieurs moments de l’écriture de Home, les migrations ont été présentes avec des tournages à Gibraltar, symbole de la « forteresse Europe » ou à Tijuana à la frontière du Mexique et des Etats-Unis. Ces images explicites n’ont peut-être pas été retenues dans le montage définitif mais ce thème du cloisonnement du monde –et sa dénonciation– sont toutefois présents avec les images du « mur de sécurité » à Jérusalem, de la muraille de Chine, celles de New York, une mégapole née de « la force des bras d’émigrés » auxquelles répondent les images des constructions de Dubaï nées de l’exploitation « d’une main d’œuvre venue du monde entier », celles du porte-conteneurs symbole du libre-échange des marchandises –une liberté refuser aux êtres humains–, celles des pêcheurs sénégalais dont les pirogues arrivent jusqu’aux Canaries ou des atolls des Maldives dont « les habitants devront trouver de nouvelles terres d’accueil »…
« Le monde est la maison de ceux qui n’en ont pas » : cette phrase je l’ai lue dans une tribune de Juan Goytisolo, un écrivain que j’estime beaucoup comme écrivain et comme homme, parue dans le quotidien Libération du 12 mai 2009. La phrase citée est extraite des Mille et une nuits et vient conclure un texte où Goytisolo dit sa révolte devant la manière dont l’Europe traite les immigrants sans papiers. Pour lui, « la solidarité et le respect des droits de l’homme ne peuvent être un délit ni une infraction comme ils l’ont été dans un passé difficile à oublier ». Et d’ajouter : « Revenons à la racine du mal : des pays spoliés par le colonialisme et par les satrapes qui ont pris la relève. Il faudrait rapatrier là-bas les millions volés par leurs ‘cleptocraties’ et par les nôtres, pour arrêter cette logique du mort ou vif ».



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