Mangez local, oui mais pas seulement…
Selon le site www.mescoursespourlaplanete.com, c’est la nouvelle frontière de la consommation responsable. De plus en plus de producteurs et de consommateurs réagissent à la surconsommation de produits venus de loin, souvent acheminés par avion, en privilégiant des produits locaux, notamment alimentaires, élaborés près de chez eux. Si on comprend aisément les raisons qui sous-tendent ce choix du local, des circuits courts, des produits ultra-frais et du soutien à l’économie régionale, il ne faudrait pas pour autant laisser penser que compter le nombre de kilomètres suffit à réduire significativement son empreinte carbone et plus largement à améliorer son empreinte écologique. Ce serait trop simple.
Une étude de Christophe Weber et H. Scott Matthews de l’Université Carnegie Mellon indique que, dans le cas des Etats-Unis, le transport des produits alimentaires ne représente au total que 11 % des émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble de la filière de production agro-alimentaire (du champ à l’assiette). Ces chercheurs montrent par exemple que renoncer à manger de la viande rouge ou un produit laitier un jour par semaine réduit davantage nos émissions de gaz à effet de serre que de manger 100 % local tous les jours de la semaine.
Dans le même ordre d’idée, réduire de 21 à 24 % sa consommation de viande rouge en la remplaçant par de la viande de poulet ou supprimer les laitages dans un régime végétarien permet de réduire autant ses émissions de gaz à effet de serre qu’un régime local (sans aucun transport).
Dès lors qu’est-ce qui est le plus facile ? Réduire sa consommation de viande rouge et de laitages ou s’approvisionner exclusivement en produits locaux ?
Les auteurs évoquent aussi un aspect souvent négligé dans les analyses de cycle de vie : les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports en amont de l’exploitation agricole. Machines, fournitures, engrais utilisés viennent souvent de très loin. Et en la matière, le consommateur final a peu de possibilités d’influencer le producteur ou même d’obtenir la moindre information.
Bref, c’est d’abord en modifiant son régime alimentaire –sans oublier de renoncer à consommer de produits frais hors saison– qu’on peut avoir un effet conséquent en matière de lutte contre les changements climatiques. On pourrait ajouter qu’une tomate bio produite dans une serre chauffée au gaz tout à côté de chez soi a toutes les chances d’avoir une empreinte carbone plus élevée qu’une tomate primeur venue d’Espagne ou qu’une tomate séchée acheminée de plus loin encore…
Morale de cette histoire ? Toute tentative de modifier le comportement des consommateurs sur un seul critère de choix ou un seul mot d’ordre (par exemple la distance) a de forte chance de ne pas être très efficace.
- D’autres infos sur www.goodplanetconso.org

