Copenhague ou le Léviathan du climat

A quelques heures du départ pour Copenhague en car, la pression monte un peu.

GoodPlanet se prépare à vivre et faire vivre de l’intérieur l’évènement. Personne ne sait encore si le sommet sera un succès ou un échec, les attentes sont là. Beaucoup de personnes seront présentes à Copenhague. Ne pas parvenir à un accord semble impossible, mais pas inconcevable ou alors à un accord a minima ou retardé. Quelques petites reflexions en vrac d’avant départ.

Pensez à nous suivre sur notre site  http://goodplanet.org/copenhague/ et à venir nous voir si vous êtes présent au Danemark.

Copenhague ou le Léviathan du climat



Alors que la ville de Copenhague est surtout connue pour sa petite sirène, un Tsunami politique et écologique va déferler sur la ville. Ce monstre se nomme gouvernance, en effet les dirigeants du monde et les militants seront présents dans la ville durant le sommet pour défendre leur vue sur ce qu’il convient de faire (ou non) pour préserver le climat. Affrontement symbolique sur la légitimité, le sommet de Copenhague est aussi une cristallisation dans le réel de la métaphore du contrat social et de la représentation.

D’abord, l’enjeu entre les états consiste à parvenir à un consensus. Or, celui-ci requiert d’abandonner librement, ou plutôt consentir à renoncer à, une part de sa liberté. Même si le consensus semble être de « stabiliser la hausse des températures », les négociateurs ne s’accordent pas sur les moyens et les objectifs. Cette situation s’apparente beaucoup à celle qui prévaut à la conception du contrat social chez Hobbes pour sortir de l’état de Nature et éviter à tous le risque de mourir de façon violente, les hommes se mettent sous la coupe d’un Léviathan, c’est-à-dire un état qui leur prend la part de liberté qui permet la violence.

L’enjeu du sommet de Copenhague consiste en partie donc à trouver un système qui puisse contraindre chacun à tenir les engagements de réduction de rejets des gaz à effet de serre. Progrès de la civilisation, sans passer par la violence, mais par un système de rétribution, de redistribution et des garanties de liberté du droit au développement.

L’enjeu sera donc, comme tout contrat social, de trouver un accord qui satisfasse suffisamment de monde pour être adopté et surtout respecté. Mais, un accord trop ambitieux et sans moyen n’aboutirait à rien. Donc sur quelles bases peut-on parvenir à lier ambition et efficacité? Le domaine juridique sera d’une grande importance puisque la bonne volonté a montré ses preuves et quil n’y a personne pour s’assurer de l’application d’un texte qui engage sur une période bien plus longue que la plupart des mandats des dirigeants signataires. A chacun donc d’accepter de lier son destin aux autres et surtout de le faire sous l’égide d’un système capable de sanctionner collectivement ceux qui manquent à leurs engagements. Et à l’heure actuelle, un tel système n’a pas encore fait ses preuves au niveau mondial.

A ces problèmes entre les états s’ajoutent les difficultés internes à ces derniers : refus d’une part de l’opinion de s’engager sur ces questions. En effet, l’opinion sera une FORCE ou une faiblesse dans la mise en place de politiques et de modes de vie plus écologiques. D’une part, le rôle des gouvernants peut être de prendre pour le bien collectif des décisions impopulaires mais nécessaire, d’autre part, la plupart des dirigeants dépendent d’une part de soutien de leur population.

Mais, la population, impossible de savoir ce qu’elle en pense réellement. Reste, une minorité active de militants, qui comme les décideurs politiques, ne représentent pas la majorité mais dispose des moyens légitimes de se faire entendre et de transmettre leur préoccupations. De la mobilisation de ces groupes divers va aussi dépendre l’accord signé. Sauf, qu’en montrant leur présence, ils assureront une certaine visibilité supplémentaire à l’évènement et assureront une forme de contrôle. Toutefois, il faut bien être conscient que malgré les bonnes intentions des militants, leur cause passe, aussi,souvent pour aussi (y’a une redite dans le aussi) obscure, mal comprise ou bien même suscite un accord avec l’opinion sur le constat mais pas sur le moyen de résoudre le problème. Le danger du militantisme provient comme pour les dirigeants du risque de ne pas être perçu comme légitime par une grande partie de l’opinion, qui elle restera dans son pays, sans être présente à Copenhague.

En effet, si les personnes qui se trouvent à Copenhague accepteront certainement certaines concessions pour « sauver le monde », quel serait la réaction de la majorité « silencieuse » si on lui laissait le choix? C’est en ce sens pourquoi l’information joue un rôle vital, fournir au plus grand nombre une information de qualité permet à chacun de se faire une opinion et d’estimer ce qu’il convient ou non de faire. Pour éviter que la parole soit dépossédée au profit des experts de tout bord. De plus, avec des citoyens bien informés, on peut éviter un décalage majeur et l’impression pour ces derniers d’être victimes d’un processus qui les dépasse. Mais, cela suffit-il ?

La réponse à la fin du sommet de Copenhague et dans les années qui suivront.

Laisser un commentaire

Nuage de tags


Brighter Planet's 350 Challenge