Bienvenue à Terra Eco

Couverture du N°1
Déformation professionnelle oblige quand on a été journaliste pendant 20 ans, j’attendais avec impatience la sortie le 2 mars de la version papier du magazine Terra Economica, un mensuel vendu en kiosques et maisons de la presse au prix de 4,90 euros. Je l’achète donc et en le feuilletant une odeur m’assaille, une odeur d’encre d’imprimerie comme je n’en avais plus reniflée depuis longtemps.
Je lis page 6 et 7 un article qui raconte comment le magazine Terre Eco (titre de la version papier), parce qu’il traite de développement durable, doit montrer l’exemple. Qu’on se le dise, le magazine a été conçu pour minimiser son impact : la rédaction se déplace en transports en commun dès que possible, les fournitures de bureau sont éco-conçus, le papier est fait de 60 % de fibres recyclées, l’imprimeur est Imprim’vert et Iso 14001… Bravo !
Mais alors cette vilaine odeur ? La rédaction de Terra Eco n’en parle pas dans l’article. La réponse se trouve sur le blog www.quotidiendurable.com.
Olivier Demaegdt y cite Walter Bouvais, le directeur de la publication : « nous avons cherché à être les meilleurs partout où cela était possible. Mais tout n’est pas possible. Par exemple, nous utilisons des encres minérales (dérivées du
pétrole) car à l’heure actuelle les machines rotatives ne peuvent pas fonctionner avec des encres végétales ». Terra Eco utilise donc des encres végétales pour l’impression de la couverture du journal (ces encres réduisent les émissions de composés organiques volatiles, nuisibles à la santé des personnes qui les manipulent) mais pas pour les pages intérieures du journal. Impossible donc d’utiliser des encres d’impression végétales sur des rotatives. L’explication est recevable à ceci près qu’on trouve sur le marché des encres végétales utilisables sur des rotatives offset. Dixit le ministère de l’écologie et du développement durable sur le site www.ecoresponsabilite.environnement.gouv.fr
Si l’argument sanitaire est très important, l’argument environnemental l’est aussi : les encres végétales utilisent des huiles d’origine végétale, renouvelables, ce qui n’est pas le cas des huiles d’origine pétrolière. Beaucoup d’imprimeurs, mais c’est vrai dans beaucoup d’autres secteurs, n’aiment pas changer leurs habitudes. Changer demande un effort. Je me rappelle de ce que les imprimeurs pouvaient raconter sur le papier recyclé qui avait à leur yeux tous les défauts de la Terre : il cassait facilement. Certes mais souvent il suffisait de prendre la peine de bien régler sa machine pour limiter la casse. Ca demande plus de travail et plus d’attention et les bons imprimeurs qui aiment leur métier ont rapidement appris à se servir du papier recyclé. Pour les encres c’est la même chose… On peut donc parier que le n°2 sera débarrassé de cette odeur de pétrole.
Enfin, une seconde remarque tout aussi confraternelle concernant la charte éthique sur la publicité qui demande à l’annonceur :
1 – Démarche active et sincère en terme de responsabilité globale (sociale et environnementale) ;
2 – Message publicitaire à caractère non manipulatoire (« sincérité du message ») ;
3 – Pertinence du produit ou service promu, au regard des critères du développement durable (respect des 3 piliers : développement, humain, environnement) ;
4 – Respect de l’indépendance éditoriale de la rédaction de Terra Economica.
Et bien ça commence bien avec en deuxième de couverture une publicité de Gaz de France dont la signature est « DolceVita 2 énergies nature« , à savoir l’électricité hydraulique et le gaz naturel. Le gaz naturel est aussi naturel et fossile que le charbon ou le pétrole, même « compensé carbone » et l’hydroélectricité à quelques défauts aux yeux des écologistes. Pour faire court, « 2 énergies nature » me semble bien présenter un caractère manipulatoire.
A suivre…



Cher Olivier, merci pour ce commentaire.
Concernant les encres, c’est un travail bien plus compliqué que recenser la seule existence d’encres végétales offset. Nous y revenons en détail dans le prochain numéro. Cette question est passionnante.
Quant à la publicité, c’est un débat complexe sur lequel nous n’avancerons pas seuls. Pourquoi ne pas en parler ensemble et devant les lecteurs ?
Merci, en tout cas, pour ce post.
Walter Bouvais
Article très intéressant.
Pour avoir feuilleté Terra Eco (avec Olivier), c’est un magazine avec très peu de publicité, et dont la plupart n’ont pas forcément de rapport drect avec des sujets comme l’énergie, le transport…
Celle que tu cites est la plus sujet à caution, mais effectivement nous devrions peut-être consulter l’OIP (Observatoire International de la Publicité) à ce sujet ?
A ce sujet sur le blog :
http://www.goodplanet.org/blog/greenwashing/2009/lalliance-pour-la-planete-cree-lobservatoire-independant-de-la-publicite/
A temps nouveaux, pensées nouvelles
L
‘abus de l’immédiateté, l’incessante pression médiatique poussant à la simplification abusive et à faire prévaloir les passions immédiates et éphémères au lieu et place de la pratique du tamis du raisonnement rationnel, les passions des dirigeant(e)s et de leurs entourages aiguisées par l’effet de loupe de l’ « écran magique » télévisuel ont été joué leur partition dans l’implosion politique que nous avons tous constatés depuis 2002. Mais plus profondément, l’entrée dans un «cycle nouveau» où l’urgence commande d’endiguer la déflation qui persiste et guette et l’urgence de soigner le plus rapidement possible les maux et les graves ruptures climatiques nous font obligation de créer un « new deal vert », créateurs d’emplois et de dépollutions et nous contraignent à changer de modèle révolu et même d’une partie de nos paradigmes scientifiques. Il y a lieu de prendre les exigences de ces « temps nouveaux » comme l’opportunité d’un levier transformateur, et non une fatalité malheureuse que nous subirions en la maudissant. Si nous savions mêler, élan et protections concrètes, sans inquiéter inutilement les citoyens cette période pourrait constituer une base de départ d’un nouveau contrat social fondateur et riche de réalisations plutôt que de poursuivre la chimère de posséder toujours plus et de sombrer ainsi dans la surproduction de biens destructrice de ressources non renouvelables.
C
’est aussi, dans le domaine politique de la « gauche », la fin aussi du « cycle d’Epinay », que certains ont vécu comme une épopée à renouveler et qui est devenu au fil du temps, un horizon politique figé, privé de débouchés véritable notamment en termes d’alliances, cristallisées avec des seules forces déclinantes. La nostalgie d’une union par ailleurs idéalisée et même mythifiée ne saurait tenir compte de l’indispensable hégémonie à créer pour être en mesure d’arriver aux pouvoir par temps de tempêtes. A ces vraies questions et face à la montée des peurs, il n’est plus possible de se contenter de faux semblants fondés sur le tabou des alliances établie sur les rapports de force des années soixante-dix et apporter de fausses réponses puisés dans des crédos et des dogmes d’hier. Ce n’est pas renier ses valeurs «de gauche» que de tirer les conséquences d’un monde qui a basculé et qui nous impose pour peser de regrouper un éventail le plus large possible sans laisser de côté toutes celles et ceux qui souhaitent aller de l’avant en évitant les régressions sociales.
De vraies questions émergent et exigent des réponses neuves, rapides et d’application efficace : – Comment vivrons nous ensemble sur la même planète bleue de 9 milliards d’être humains ? – Ou et comment et par qui choisir les meilleurs investissements qui soient les plus pertinents et surtout les plus utile écologiquement et socialement de manière à faciliter et forger les conditions les plus favorables pour la naissance de cet avenir proche ? – Comment « vitaminer » une Europe dont l’expression politique n’est ni à la hauteur, de son espace ni de sa relative mais éphémère puissance alors qu’elle tend, à se figer sur l’apparence d’un gouvernement bancaire informel (la fameuse B.C.E. «indépendante») et à se réfugier dans le dogme et les apparences trompeuses d’un «euro fort» fixé par les «marchés» à 1,50 dollars pou 1 euro, et dont la surévaluation manifeste affaiblit nos industries en gênant collectivement leur renaissance et le renouvellement de nos capacités de production, en apportant l’opium d’une sécurité illusoire à ces nouveaux rentiers collectifs que sont les fonds de pension. Ne vaudrait il pas mieux investir ensemble et d’abord dans les voies de l’avenir que sont la recherche et les industries vertes pour déjà semer un futur vivable pour les générations à venir et déjà et tout simplement nos enfants ?
Certes c’est dur d’abandonner des certitudes devenues des habitudes parce qu’elles ont marché et servi, durant un temps, désormais derrière nous. A l’inverse c’est le mouvement même de la pensée et de la vie que de savoir sortir des carcans et de « construire des lignes nouvelles « . C’est en tout cas le premier devoir et la première tâche de la « gauche » toute entière et plus largement de la totalité de « l’aire démocratique, écologique et novatrice » qui doit arrêter de gérer ses structures et ses organisations de manière boutiquière comme l’aurait fait au dix neuvième siècle un « père Grandet » ou l’un des tabellions Balzacien. Il lui faut, à l’inverse, s’élancer dans les temps nouveaux avec élan et optimisme comme le firent en leur temps les Gambetta, les Jaurès les Blum et les Mendès-France ainsi que l’esprit manifesté par le conseil national de la Résistance et qui fut repris en 1945 par le Général De Gaulle. Donnons-nous le courage, la force et la chance d’affronter ces «temps nouveaux» et tout simplement d’affronter sans crainte les difficultés du réel sous toutes ses facettes. Nous avons impérativement besoin de frayer la voie à un avenir proche communément exploré et maîtrisé. C’est ce présent en gestation, maitrisé démocratiquement avec l’appui de la communauté scientifique, qui a besoin de notre participation active et de notre force à changer de toutes et de tous.
Amitiés, en avant et bon cours pour l’aventure du demain !
Paul Dupuy (nom de plume), le lundi 26 Octobre 2009